Blanche-Neige et les Sept nains : chef d'œuvre de Disney ?

18/06/2021

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Titre : Blanche-Neige et les Sept nains 

Réalisateur : David Hand

Avec : Adriana Caselotti, Lucille La Verne, Moroni Olsen, ...

Genre : Conte

Durée : 1h23

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1938

Résumé : Blanche Neige est une princesse d'une très grande beauté, ce qui rend jalouse sa belle-mère. Celle-ci demande quotidiennement à son miroir magique de lui dire qu'elle est la plus belle ; mais un jour, le miroir affirme que la plus belle femme du royaume est Blanche Neige. La reine décide alors de la tuer mais le garde chargé de cette tâche ne trouve pas le courage et abandonne Blanche Neige dans la forêt. Perdue, à bout de force, elle échoue dans une maison où habitent sept nains.

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Le titre de cette chronique pourrait sembler grossier et pourtant, on peut sincèrement se poser la question : et si, avec son premier long-métrage d'animation (bien que le médium préexistait déjà par d'autres titres bien trop effacés de l'histoire), Walt Disney n'avait pas su résumer au mieux ses ambitions artistiques ? Il y a de quoi y réfléchir en tout cas vu tout ce que charrie l'aventure de Blanche-Neige, posant d'ailleurs les jalons des futurs films de la société.

Partant du conte des frères Grimm, « Blanche-Neige » cherche ainsi à invoquer le plus de sentiments par le biais de la fiction. On pense souvent au merveilleux que cherche à créer le film dans sa romance ou à l'humour amené par les sept nains mais on oublie régulièrement l'effroi qui se dégage de la fuite dans la forêt (au contraire des différents Dark Rides à son sujet dans les parcs Disneyland). Il est dès lors facile de comprendre que le long-métrage se voit ici comme une attraction, sans que cela ne soit une remarque péjorative. La volonté de varier les sentiments se dresse avec de nombreux points pour mieux immerger jeunes et moins jeunes dans un récit qui se veut être le plus divertissant possible dans ses émotions.

On peut parler évidemment de la façon dont le portrait de Blanche-Neige s'inscrit dans une certaine forme moralisatrice, n'invoquant pas de réactions face aux traitements de la marâtre tout en étant dans un rapport aux relations des plus conventionnels. C'est une façon de se réapproprier la partie instigatrice de leçon du conte dans un milieu fantastique qui se construit sur certes peu de choses, comme le miroir, mais assez pour invoquer une sensation d'autre monde qui ne peut qu'éveiller la curiosité. On peut aussi aborder les visions derrière le film, que ce soit l'éveil de l'héroïne par le prince qui l'effraie, pouvant tout aussi bien représenter la sexualité que la mort, en tout cas un passage vers une autre étape qui ne peut se passer sans conséquences.

Au vu des ambitions du film, surtout à son époque de sortie, et la déflagration que son succès amènera, on peut donc penser que « Blanche-Neige et les sept nains » constitue LE film synthétisant toutes les envies de Walt Disney quand il s'est lancé dans le domaine du divertissement. Certains aimeront, d'autres détesteront mais il est indéniable qu'ignorer l'existence du long-métrage serait faire fi de tout un morceau de cinéma, pour le meilleur comme pour le pire.

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