Les sept mercenaires : le feu de l'Amérique

04/06/2021

Titre : Les sept mercenaires

Réalisateur : Antoine Fuqua

Avec : Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke, ...

Genre : Western, action

Durée : 2h13

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2016

Résumé : L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…

.

Dire que le western est un genre typiquement américain constituerait un euphémisme tant il reflète tout un pan de l’histoire du pays, malgré des productions s’y inscrivant venant d’autres contrées. En ce sens, « Les sept mercenaires » constitue un titre culte dans le milieu, inscrivant le légendaire film d’Akira Kurosawa « Les sept samouraïs » dans un contexte historique permettant une réappropriation totale du récit. En faire un remake s’avérait donc logique mais le choix derrière la caméra d’Antoine Fuqua s’avère néanmoins surprenant au vu d’un ton assez dur dans ses films. Cet aspect se retrouvera logiquement dans cette nouvelle version, donnant une image d’annihilation du pays.

Ici, nos mercenaires reflètent un multiculturalisme s’opposant à une figure capitaliste tellement marquée par l’avidité qu’elle n’en est plus humaine. Le voir détruire une église lors de sa première apparition rentre dans une certaine logique, trahissant la foi d’un pays pour se révéler diable destructeur, dévastant tout sur son passage. L’utilisation lors du climax d’une certaine arme appuiera ce sentiment de brutalité d’un capitalisme prêt à mettre les terres à feu et à sang pour son propre grain personnel. Nous sommes dans une destruction des valeurs américaines alors même que ce mode de vie se vante de s’y inscrire totalement, voulant se justifier en ce sens d’anéantir des existences.

Antoine Fuqua transforme alors des terres ouvertes au peuple en champs charriés par le sang. Jamais le film ne se fera réellement divertissant, montrant sans cesse une certaine violence allant au bout du PG 13 pour mieux appuyer son propos destructeur. Certains pourraient parler d’un aspect bourrin mais il se fait au service d’un récit assez solide, à défaut d’être pleinement humain. Ce sont plus les acteurs d’un casting fort qui appuient la caractérisation des protagonistes, malgré quelques idées sous-jacentes qui auraient pu être un peu plus développées.

On pourra trouver à redire sur le manque de subtilité du film mais la façon dont Fuqua se réapproprie un monument (néanmoins imparfait) du genre western pour mieux l’inscrire dans une Amérique moderne lui permet d’avoir une pertinence thématique aussi implacable que sa violence. C’est un film qui parvient à offrir le spectacle attendu tout en trouvant dans son premier degré une certaine implacabilité qui rend le résultat intéressant, à défaut d’être totalement abouti. À défaut d’être un chef d’œuvre comme « Les sept samouraïs », ce remake des « Sept Mercenaires » trouve un intérêt certain dans ses propositions d’une Amérique moderne toujours autant déchirée par les monstres de son passé.

Denzel Washington stars in Columbia Pictures’ THE MAGNIFICENT SEVEN.

.

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *