Simetierre : le tabou de la mort

11/06/2021

Titre : Simetierre

Réalisateur : Mary Lambert

Avec : Dale Midkiff, Fred Gwynne, Denise Crosby, ...

Genre : Horreur, fantastique

Durée : 1h42

Nationalité : États-Unis

Sortie : 1989

Résumé : La famille Creed quitte Chicago et vient s'installer dans les environs de Ludlow, une paisible bourgade du Maine. Leur maison jouxte un cimetière d'animaux familiers situé sur les anciennes terres sacrées des indiens Micmacs. Le seul voisin des Creed est un vieil ermite. Une série d'accidents sanglants va rapidement transformer la vie des Creed en véritable cauchemar.

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Parler de la mort, c’est évoquer les craintes d’un après toujours aussi flou et terrifiant, qu’importe ce que l’on pourra déclarer. Il est dès lors normal que le sujet ait toujours autant intéressé les artistes, en particulier dans un genre comme l’horreur qui nous oblige à nous confronter à l’inéluctable. On pourra alors remercier Mary Lambert d’avoir su adapter un des écrits les plus reconnus du légendaire Stephen King avec un aspect putride qui rend le visionnage aussi qualitatif que marquant dans le malaise provoqué.

Le traitement du fantastique dans la narration surfe sur cette peur de la mort qui se confronte à quelque chose de pire, un retour plus sanglant et marqué par la violence. La gradation se justifie alors par sa manière d’implémenter peu à peu ces craintes, d’abord par la mort d’un animal de compagnie avant de tourner vers quelque chose de plus horrible et amené avec une maîtrise chirurgicale qui n’en est que plus effrayante. Néanmoins, jamais le résultat ne se fait sans émotion et s’il termine dans un froid cadavérique, c’est après avoir mieux éteint les étincelles d’émotion dans une structure familiale dévastée.

La mise en scène de Mary Lambert parvient à capter cette dégradation mesurée et amène ses effets avec un effroi extrêmement glaçant par la brutalité invoquée. Elle n’hésite pas à offrir des instants de pure terreur par le biais d’une ambiance savamment pesée. On pense à la crainte permanente de ces camions, forces brutales d’un capitalisme qui semble inarrêtable et dévastateur. C’est par cette gestion d’un quotidien aux transformations qui pourrissent un tableau idéal que le film s’avère tout bonnement cauchemardesque, faisant dévier l’innocence d’une famille typique vers quelque chose qui respire tout bonnement la mort.

Cette adaptation du « Pet Semetary » de Stephen King constitue donc un film d’un sinistre qui nous laisse en pleine douleur après son visionnage. Mary Lambert nous retourne et n’hésite pas à aller dans des instants purement repoussants et offre avec ce « Simetierre » un reflet terrifiant des craintes intimes de façon frontale, avec une noirceur qui nous laisse sans voix lors du défilé du générique.

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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